La chosification des Protégés

La chosification des " protégés " 

Dans ce texte extrait de son ouvrage  La France m'a suicidé ( Edilivre 999) Philippe Cailleux démonte et dénonce l'infériorisation et la chosification dont sont victimes les vulnérables de la part de leurs prétendus protecteurs, les tuteurs.

Impossible, en lisant ce texte, de ne pas faire le rapprochement avec la  " pensée " national-socialiste... Pour ces gens-là il y avait les supérieurs et les inférieurs... Aujourd'hui ces termes jugés politiquement incorrects, sont remplacés , de façon hypocrite et écoeurante par ceux de vulnérables et de protecteurs...

Le puissant lobby des tutelles n'aime pas beaucoup qu'on lui rappelle cette triste vérité...

Et pourtant les faits sont là... 

Depuis fin 2014, je suis infantilisé, traité comme un déficient mental, (ou une chose,) d’une façon incompréhensible en raison de ce que mon état intellectuel ne justifie en rien un tel traitement.

Il est aberrant de confondre troubles neurologiques et arriération mentale, et de trouver «  normal  » cet amalgame. Mais le plus grave, c’est qu’au nom de cette méprise, «  on  » m'assigne un statut d’irresponsable qui me place dans une situation perturbante pour mon équilibre psychique. («  On  » c'est d'une part le P* et d'autre part l'appareil judiciaire, que je mets dans le même sac, il en est ainsi tout au long de ce texte).

À ce titre (celui de déficient mental) m'est infligé un régime qui s’apparente à de la détention arbitraire, au mieux à une assignation à résidence, qui me prive de mes droits fondamentaux (exemple : accès à mes données personnelles). Condition injustifiable et inexplicable.

Non content de cela, on m’enferme dans le carcan d’un «  langage totalitaire  » qui me dénie le droit de penser en m'interdisant un accès réel à la parole. Ces agissements relèvent de la contrainte mentale en ceci que par ce moyen, «  on  » me dépersonnalise en me réduisant à l’état de chose. Or, les méthodes qui sont employées à mon égard sont dangereuses et reconnues comme telles par la neuropsychiatrie car de nature à induire des troubles graves chez ceux qui y sont exposés. 

«  On  » ne m'explique rien, «  on  » ne me dit rien, «  on  » ne répond pas à mes questions. «  On  » a posé sur moi la chape de l’arbitraire, et d'un arbitraire d’essence terroriste. (Le terrorisme, c’est la gestion des individus par la terreur. La terreur est un procédé de gouvernement, permettant à un pouvoir de briser, à force de mesures, et jusqu’aux plus extrêmes, ceux qui lui résistent.)

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Transgressant grossièrement sa propre charte, le P* me coupe sciemment des informations me concernant. Illustration : d’avril à septembre 2015, je n'ai reçu aucun élément concernant mes revenus, mes débours, l'état de mes comptes, je ne savais pas quelles opérations se faisaient sur ceux-ci. Récidive, depuis d'août 2016, plus rien. (Date de la présente note, 18/05/17).

Une première fois, en septembre 2015 je me suis adressé directement au Juge des tutelles avec pour résultat d'obtenir une communication partielle de mes états bancaires, très fragmentaire, donc inexploitable en ce qu’elle ne reflétait pas ma situation financière réelle. J'ai dû faire un second courrier.

La deuxième fois étant celle de trop, je prends d'autres dispositions dont le résultat est sous vos yeux. Puisque l'appareil judiciaire laisse les tuteurs-curateurs faire ce que bon leur semble, je vais mettre un terme au cirque à ma manière. Puisqu'on ne peut pas discuter avec la bêtise, ou qu'on ne peut le faire qu'avec son langage...

Qu’y a-t-il de plus violent que de confisquer son espace privé à un individu en le coupant des données concernant sa propre existence  ? Comment nommer cette façon d’agir  ? Spoliation  ? Dépossession  ?  Expropriation  ? Se donne-t-on la peine de m'en donner la raison  ? Non, je ne suis qu’un objet. On considère que je n'ai pas le droit de penser, que je n'ai pas à savoir.

Une pareille profanation de mon intimité constitue au sens propre un viol de mon identité. On s’attendrait à voir sanctionnée une telle brutalité. Rien  ! Par conséquent, elle est tenue pour normale. Si l'appareil judiciaire ne condamne pas ces débordements, c'est qu'il est d'accord avec eux, par conséquent, en les jugeant légaux, il donne raison à la violence, il l'encourage. De quel droit l'appareil judiciaire peut-il se donner le pouvoir de dépouiller un être humain de son humanité  ? Il n'y a pas de caractère sacré de la loi, soit elle est légitime et son autorité s'impose à tous, soit, comme ici, elle viole les principes qui la fondent, et alors, il faut la combattre.

Suis-je un criminel, un dément, un terroriste  ? De quoi suis-je coupable  ? De quoi suis-je puni  ? En vertu de quel droit s’autorise-t-on à me traiter de la sorte  ? 

Depuis Octobre 2014, je suis abandonné aux caprices du système détraqué de la «  protection  » via un P* qui use à mon égard de procédés ouvertement pervers avec la bénédiction d'un appareil judiciaire qui laisse faire. («  Sans qu’il y ait au départ nécessairement de malveillance, la « machine » administrative laisse parfois dégénérer en harcèlement moral des situations qui n’auraient dû être que de simples contentieux, si elles s’étaient réglées d’humain responsable à humain responsable.  » M.-F. Hirigoyen.) 

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En dehors de banalités, le P* se refusera toujours à toute communication, j'entends à un échange digne de ce nom, «  on  » ne discute pas avec les «  choses  ». 

Pour M.-F. Hirigoyen  : «  En acceptant le conflit, on reconnaît l’existence de l’autre comme interlocuteur  ». 

Donc «  je  » n'existe pas.