UDAF et Francs-maçons

Les conflits se suivent, se ressemblent mais suscitent toujours la même indifférence des pouvoirs publics au service des tutelles de l’Udaf. Il y a une dizaine de jours (Courrier picard du 7 octobre), les salariés étaient dans la rue pour soutenir une éducatrice menacée de licenciement. Rebelote hier, cette fois pour soutenir la responsable des ressources humaines. « Elle aussi a subi les colères du directeur. Sa faute est de lui avoir rappelé des décisions qu’il a prises, lui, sans l’aval du conseil d’administration et dont elle ne veut pas être tenue pour comptable », expliquent Bénédicte Balédent (CFDT), secrétaire du CE et Nadine Bocquet, déléguée syndicale CFDT.

Quelles décisions ? « Le directeur a notamment pris la décision d’augmenter son salaire sans l’aval du conseil d’administration. La RH a des écrits », affirment encore les représentantes du personnel. Ces derniers évoquent également la situation financière « alarmante » de l’établissement.

Le directeur, M. Slimane El Gana, était absent hier. C’est le président, M. Raymond Broszniowski, qui devait recevoir la responsable RH pour son entretien préalable à licenciement. « Je dirai à la salariée ce que nous lui reprochons, j’entendrai ses explications et je prendrai un délai de réflexion avant de décider », répond-il. Quant aux allégations des syndicalistes : « Je leur laisse la responsabilité de leur propos et nous ne manquerons de les poursuivre en diffamation si nous l’estimons nécessaire », répond encore le président.

Mais les syndicalistes vont encore plus loin. « Cela fait sept ans que nous dénonçons le management toxique et pathogène du directeur. Mais le conseil d’administration et les autorités ne bougent pas. Nous ne voyons qu’une seule explication : il est protégé, et pour nous, il est protégé par son appartenance à la franc-maçonnerie. » Les représentantes du personnel affirment encore avoir les noms et les obédiences auxquelles appartiennent ceux qui ont eu à connaître des affaires de l’UDAF.

Réponse du président : « Les bras m’en tombent. Cela relève de la vie privée. Il y a des tas de directeurs et de présidents d’UDAF en France qui connaissent les mêmes problèmes avec leurs salariés. Il y a aussi des organisations syndicales qui souhaitent prendre le pouvoir dans leur entreprise. Qui est toxique ? Qui est pathogène ? », demande encore le président, revoyant la responsabilité des problèmes aux salariés et à leurs représentants. Bonjour l’ambiance.